Chroniques

L'amour de l'île

François-Xavier Farine, Eulalie n°13 - Mai 2013

 

Nouvelles du front de la fièvre ( 1 )

François-Xavier Farine, Eulalie n°12 - Février 2013

Nouvelles du front de la fièvre ( 2 )


"ça débute sans majuscule, sous un titre ligne d'horizon,
ça débute au milieu de la pensée de l'autre,
c'est un fil qu'on attrape, un wagon dans lequel on monte, 
en route vers Science-Frisco.
c'est un endroit où avoir faim, c'est être humain,
c'est du souffle qui parle, du cinéma muet en technicolor et même en musique.
c'est une écriture en cisailles, pincettes & pinces de crabe, 
qui flirte avec Cole Valley, Telegraph Avenue, Chelsea, Sutton Place
où le retour à la ligne retourne la logique, initie un nouveau départ,
une autre vision.
c'est drôle et pathétique, c'est drôlement goupillé,
peuplé d'ordinaires & d'extraordinaires, rêves & réalités à parts égales.
ce sont des étendues & des limites, des ailleurs connus, communs, intouchables,
une petite musique fiévreuse.
c'est de l'imagination réelle, du micro-voyage, 
du grand déplacement de moment en moment." 

Perrine Le Querrec,
Etat Critique.com - 28/11/2012

Aliéné(s)



Bibliothèque(s) - Revue de l'A.B.F n°56 ( Juin 2011 )




Shopping ! Bang !

+ Aliéné(s) - ( 1 )

"Le premier est signé Jean-Marc Flahaut, édité chez Daniel Labedan. Le second, des deux comparses themselves. Complicité. Affinité. Aliéné(s) et Shopping ! Bang Bang ! ont ceci de commun qu'ils secouent. Et qu'ils n'ont pas grand-chose de commun ( justement ) avec ce qui a cours en poésie contemporaine ( ... )

"Certains disaient qu'il était barjot bon à enfermer d'autres qu'il était poète beat récitant une ode à la mangouste sur Bedford Street." ( Aliéné(s))

"Mardi et jeudi, le ShamSupercenter / reste ouvert toute la nuit / d'après les salariés du Rainbow / à ces heures-là certains clients ont des allures baroques ou sombres." ( Shopping ! Bang Bang ! )

On trouve, en vrac, de la fiction, du réel ( l'utlisation dans "Shopping ! Bang Bang !" de ce fait divers américain d'un jeune type qui déboula dans un supermarché pour tirer sur la foule ), du réel réinventé ( forcément ), du narratif, de la poésie, de la prose. Des personnages. ( ... )

La construction est chorale, non linéaire, grâce à des textes composés comme des plans cinématographiques. Flahaut et Labedan ont décidé de faire la peau à une certaine poésie, à une certaine littérature, et d'exploser les codes narratifs habituels. Et ça fonctionne ( ... )

Ces deux auteurs, c'est Butch Cassidy et Sundance Kid descendus de Mars. Et ça fait Bang !"

Sophie G. Lucas, Revue Terre à Ciel.



Shopping ! Bang Bang !

+ Aliéné(s) - ( 2 )




François Annycke, Eulalie n°6 ( Janvier 2011 )


 Shopping ! Bang Bang ! ( 1 )




"Parmi les pages les plus mémorables de Richard Brautigan, il y a celles du début d'Avortement où le narrateur se demande s'il vaut mieux commencer par déshabiller une fille par le haut ou par le bas. Shopping ! Bang Bang ! suscite le même genre d'embarras. Cet improbable roman poétique composé de courts chapitres écrits en vers libres se situe aux frontières des genres. Faut-il le feuilleter comme un album de polaroïds, ou bien se laisser emporter par le récit ? C'est indécidable, mais un plaisir puissant et subtil attend le lecteur quelque soit son choix ( ...) car ce collage de choses vues et entendues, d'instants capturés dans un shopping center à Smalltown, America, de destins de gagnants et de perdants, est aussi un roman noir. Il pourrait inspirer un très beau film poème. On a déjà les images dans la tête."

Phil Fax, La Nouvelle Revue Moderne ( Automne-hiver 2010 )



Shopping ! Bang Bang ! ( 2 )



"Avec le personnage de Martin en ligne de mire et le monde qui l'entoure, c'est toute une société américanisée qui s'étale devant nous à l'image de ce mitigeur chromé qui, au lieu de mélanger l'eau froide et l'eau chaude, remplit la baignoire de chansons des Doors ( ...) Le livre ouvre des portes sous forme d'ellipses et présente des mécanismes de fascination à l'image de ces références new age - voyage astral, horoscope, guérison du sida par le jeûne - qui permettent de communiquer et parler du monde facilement en raccourcis trompeurs. Le cinéma, le Star System, les mythologies du rêve américain s'étalent... Et pour ceux qui voudraient savoir comment cela se finit, hé bien sachez qu'il s'agit bien là de roman noir. "

Emeric Cloche, L'Indic - Noir Magazine, n°6 ( Juillet 2010 )




Spiderland




" Je suis entré dans Spiderland à petits pas, sans savoir où l’auteur allait me conduire. Dans l’étrange contrée où il nous entraîne, les araignées sont des animaux familiers. On y élève des mygales et autres espèces d’arachnoïdes (il en existe plus de trente mille, et chacune a son livre, que l’on peut trouver à l’Immense Centrale Bibliothèque de Spiderland, seul endroit où ils sont tous disponibles). Ce pays intérieur est bordé à l’Ouest par la mer, au Nord par l’immense forêt de sapins, au Sud, par « les terres où la culture l’emporte sur l’élevage dans les parties les plus humides » et à l’Est par « les petites collines noires qui nous séparent du reste du monde ». Toute ressemblance avec un territoire précis du Nord-Ouest de la France serait pure coïncidence.
Parvenu à la fin du voyage, on ne sait plus si on a envie de le découvrir davantage ou d’aller voir ailleurs. Les héros du roman devancent le lecteur et quittent Spiderland au dernier chapitre. Mais le mot « Fin » n’apparaît pas après le point final. Après la dernière ligne, je me suis surpris à reprendre Spiderland et à le relire avec autant de plaisir. Plus moyen d’en sortir. Totalement imprégné du parfum d’enfance qui baigne ce livre. Pris dans les fils de la toile tissée par Jean-Marc Flahaut. Captivé par ces pages et agitant ma plume pour tenter d’en sortir, je dois ajouter que les illustrations de Jean-Claude Flahaut, le Papa de Jean-Marc, participent activement du charme vénéneux de Spiderland et attestent de l’existence de cette contrée située entre l’imaginaire et le souvenir. « Tout le monde sait que les souvenirs ne doivent pas bouger. Sinon, comment ferions-nous pour les retrouver ? »
Un autre fantôme hante ce court roman, que je ne devrais pas nommer. Si par un hasard tout à fait improbable, il existait un prix littéraire Richard Brautigan, c’est à Jean-Marc Flahaut qu’il faudrait l’attribuer pour ce livre attachant.

Philippe Lemaire, La Nouvelle Revue Moderne ( Octobre 2008 )